Capital sur M6 avec Paul Morlet et Philippe Peyrard

L’actualité de l’optique aujourd’hui, c’est l’émission de François-Xavier Ménage pour Capital sur M6 du 21 Septembre 2014.

En effet, nous avons eu droit à un reportage presque autobiographique et élogieux sur Paul Morlet, fondateur du magasin français Lunettes Pour Tous à Paris. Il a eu en face de lui Philippe Peyrard, Directeur Général d’Atol.

Qui est Paul Morlet ?

Nous apprenons que ce Lyonnais de 24 ans sort d’un BEP électricien puis d’un Bac Pro informatique en alternance à la SNCF qui n’a pas donné suite. A 20 ans il crée sa première entreprise en vendant des lunettes personnalisables : le même concept que « Nunettes », entreprise créée un an plus tôt.
Paul Morlet est montré comme quelqu’un d’agressif, qui veut « dynamiser » le marché (sommes nous proche du dumping ?) qui n’a pas peur de porter de fausses accusations (est-ce de la diffamation ?) avec un extrait de BFM « on adapte la facture », les opticiens roulent « en Ferrari » etc…
Il est aussi montré par ses amis comme un débrouillard, qui n’a pas peur de rentrer dans l’illégalité pour se faire un peu d’argent (« vendre des films enregistrés sur DivX »). Exemple peut être enfantin mais qui peut expliquer plusieurs choses. Il en garde une certaine trace puisque selon le reportage, « il copie les modèles déjà existants ». On le voit aussi regarder le film « Yves Saint Laurent », où le protagoniste porte une monture déjà existante et demande à son designer de la recopier.
On reconnait aussi un homme complètement perdu dans l’entreprise où il achète ses verres, ne connaissant pas les différents stades pour leur fabrications.

Qu’est-ce que Lunettes Pour Tous?

C’est un magasin de lunettes low cost créé fin Mai 2014.
Concept intéressant avec un simulateur vidéo dans la rue pour que les passants puissent s’amuser à essayer virtuellement les 12 modèles existantes.
Un vendeur est posté en permanence à l’entrée du magasin (voire à l’extérieur) pour attirer le client et lui faire comprendre que le temps, c’est de l’argent.
Le journaliste explique que c’est un magasin de lunettes où il y a « une bonne part d’opticiens diplômés » : selon mes sources, seulement 25% de ses employés sont diplômés d’optique.
Son idée : proposer des lunettes à partir de 10€ (rappelons qu’un opticien traditionnel a des offres à partir de 29€, services compris) et livrables le jour même. Nous savons par la suite que les progressifs sont livrables sous 5 jours, des clients se faisant avoir devant la caméra.

Le principe : faire du volume pour survivre. Mais nous ne savons plus si on parle de 400 ventes par jour comme annoncé dès le début de son aventure par Paul Morlet, ou bien 200 ventes par jour, annoncé par lui même, voyant ces prévisions faussées. Néanmoins, 200 ventes pour 40 employés, cela représente 5 paires de lunettes vendues par jour et par opticien, contre 3 pour un opticien traditionnel. Surtout que l’opticien traditionnel passe en moyenne 2h30 par client (un choix de monture plus large, un choix de verre plus important, des conseils de professionnels, les prises de mesures plus approfondies, les traitements des papiers pour le remboursement de la part de la sécurité sociale et de la mutuelle du client, les relances pour faire le tiers payant etc…)

Un manque de choix pour gagner du temps

Concernant les montures :
12 modèles. 6 couleurs. Si le client n’est pas difficile  il pourra se contenter de produits chinois pour se faire plaisir (mais un plaisir limité). 10 minutes pour le choix dans ces cas là, c’est le grand maximum conseillé.
Concernant les verres :
2 choix : avec ou sans anti-reflet. Durant le reportage, un couple est venu récupérer la paire de lunettes progressifs du mari. Ses verres seraient soient disant trop gros (effet loupe) parce qu’il n’a pas souhaité l’anti-reflet. Soyons honnête et professionnel : le client n’a pas le choix dans l’amincissement. L’amincissement fait que le verre devient plus fin et il joue le rôle le plus important pour amoindrir l’effet loupe.
Concernant les prises de mesures :
Elles sont simplifiées au maximum, ce qui produit généralement des problèmes de centrages du verre et donc un inconfort et une gène permanente pour le client abusé.

Y a-t-il eu une véritable confrontation entre Philippe Peyrard et Paul Morlet ?

Le directeur d’Atol a adopté une stratégie plutôt intéressante, mais pas forcement la meilleure (on peut supposer que l’interview a été préparée à l’avance avec des professionnels de la communication).
En effet, la confrontation attendue n’a pas réellement eu lieu, puisque Peyrard défendait les opticiens face à « des vendeurs de lunettes ». Le marché du Low Cost a une place dans le marché des lunettes, mais n’aura jamais cet aspect « professionnel ». Il ajoute qu’il ne faut pas 10 minutes pour s’occuper d’un client (le journaliste n’a pas travaillé son sujet car il ne faut pas non plus « 40 ou 50 minutes »).
Enfin, Philippe Peyrard défend bien aussi sa marque, intelligemment, en annonçant que les montures Atol sont Made In France.

Question sur les écarts pupillaire sur les ordonnances.

Enfin, le journaliste veut questionner le Directeur d’Atol sur ces nouvelles mentions obligatoires sur les prescriptions. Sujet intéressant et très bien placé puisque, rappelons le, M6 détient les sites de ventes en ligne de lunettes Happyview et de lentilles malentillemoinscher

Mon avis :
N’y aurait-il pas conflit d’intérêt pour M6 ? Parce qu’il me semble que ce n’est pas la première fois …
Et rendez-vous dans 1 an pour voir où LPT en est dans sa « révolution ».

Et vous, quel est votre avis ?

L’émission en replay

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